Il pleut
Il pleut.
A peine quelques gouttes et déjà mes cheveux commencent à friser, cassant mes jolies boucles blondes autrement bien dessinées, m'offrant à la place une crinière sauvage bien peu seyante en vérité. Et cette chaleur humide qui s'engouffre dans les couloirs, qui nous suit jusqu'au siège du métro, et qui nous englue, s'engouffre sous nos vêtements, et nous colle à la peau avant même qu'on ait le temps de réaliser. Ce souffle d'air chaud et désagréable, mêlé de transpiration, de buée et de bruine, qui, une fois installé, ne nous lâche plus. Et mes pieds n'en finissent plus de claquer sur le trottoir, évitant soigneusement les flaques, mais ne pouvant échapper aux gouttes vicieuses, portées par le vent, qui viennent trouver refuge au fond de mes ballerines.
Il pleut.
Encore plus fort. Et mon parapluie, faible défense entre le ciel et moi, unique rempart contre la colère du vent, ne résistera pas à une nouvelle attaque. Et le ciel s'assombrit, et l'atmosphère est électrique, mystérieuse, mystique. Et les nuages n'en finissent plus de déverser toute cette pluie qui pèse trop lourd sur leur dos.
Il pleut, et maintenant, je suis mouillée.